Le 27 juillet, le gouvernement, la Fédération bancaire française (EBF) et la Banque de France ont décidé à l’Elysée la prorogation du programme de médiation du crédit. L’institution du médiateur de crédit restera en place jusqu’à la fin de 2010, le dispositif pouvant être ensuite pérennisé sous une forme allégée et confié à la Banque de France.
L’accord signé à l’Elysée a réuni la ministre de l’Economie Christine Lagarde qui a représenté l’Etat en l’absence du président Nicolas Sarkozy, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, le médiateur de crédit René Ricol et d’autres représentants d’établissements bancaires.
Le dispositif a été lancé en octobre 2008, à l’initiative du chef de l’Etat, étant conçu comme un système d’aide aux entreprises se trouvant dans des difficultés de financement ou de trésorerie avec leurs banques.
Le programme s’est avéré efficace jusqu’à cette date, ayant moyenné la sauvegarde de plus de 120.000 emplois. La médiation a engagé aussi les banques à débloquer le marché du crédit. En neuf mois, celles-ci ont prêté aux entreprises plus d’un milliard d’euros. Des 14.045 entreprises qui ont recours à la médiation jusqu’en juillet 2009, 6.000 ont trouvé une solution positive à leur problème, sur 9.181 dossiers instruits et clos.
Ce sont des résultats dignes d’être applaudis. Ceux qui ont contribué à cette recette du succès sont, comme l’avait noté le directeur général du Crédit Agricole Gérard Pauget, « toutes les parties prenantes de l’économie qui ont fait preuve d’ouverture et de bonne volonté ». En absence d’une telle mobilisation « aucun dispositif d’ordre législatif ou réglementaire n’aurait pu régler les problèmes dans un temps aussi court », a conclu le dirigeant du Crédit Agricole.
René Ricol signale que la prorogation du programme signifie le passage à une étape supérieure, où le rôle des banques sera accru: « Les banquiers avaient jusqu’à présent subi la médiation. Ils montrent aujourd’hui qu’ils se l’approprient. La médiation du crédit devient un outil consensuel qui fait partie du fonctionnement normal de la vie des affaires. Nous allons pouvoir passer à la vitesse supérieure. »
M. Ricol, qui occupe à présent la fonction de médiateur de crédit, quittera son poste en septembre et son successeur sera décidé par le président. La maintenance du dispositif au-delà de 2010 est pour le moment une possibilité. Une décision sera prise en cours de route.